Abeilles, pissenlits et soleil

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Assis sur un banc, trois chibanis sourient à un petit enfant qui passe à vélo. Un peu plus loin c’est du portugais que l’on entends. Tout en haut de l’une des buttes, ça sent la fleur de tiaré. Bientôt deux décennies que je peux longer ce parc, inauguré en 1867 sous le règne de Napoléon III.

Il y a vingt ans, on se promenait dans le Parc des Buttes-Chaumont, en poussant une voiture d’enfant ou pour admirer la cascade.

Depuis quelques années, on s’y donne rendez-vous, pour un déjeuner sur l’herbe, un gouter d’anniversaire, un apéro décidé quelques minutes pus tôt…

Pompeusement nous pourrions disserter sur les nouveaux usages et nouvelles pratiques de l’espace public parisien. On se contentera d’écrire qu’il est bon et doux de profiter du soleil un dimanche à Paris, au milieu d’un peu de verdure.

Alors sûr en observant deux hommes à kippa promenant leurs enfants, passant devant le Rosa Bonheur, dont la file d’attente s’étire jusqu’à l’entrée du Parc rue Botzaris, on rêve quelques minutes en se disant que c’est sans doute l’une des plus belles réussites de cette ville ultra dense. Et que c’est drôlement intelligent d’y investir le nombre d’euros qu’il faut pour la longévité de cet espace de zénitude.

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Les mêmes qui peuvent en venir quasiment aux mains sur la ligne 60, où les noms d’oiseaux fusent, peuvent simplement lézarder au soleil, jouer avec leurs enfants et leurs enfants jouer avec des enfants qui ne partagent pas la même cour d’école, dans 25 ha d’herbe, de bacs à sable, avec deux théâtres de Guignol et la pêche aux canards.

Les mêmes qui se grillent la priorité au Simply market savent t-ils qu’ils profitent du Parc avec le noisetier de Byzance, les deux ginkgos bilobas, l’Orme de Sibérie ou le cèdre du Liban planté en 1880 ?

Alors les esprits grincheux du « c’était mieux avant » continueront à grimacer, mais je persisterais à apprécier ces dimanches après-midi, lunettes de soleil sur le nez au vent, à me péter le dos à pousser un petit vélo juste pour le sourire d’une petite fille de six ans…

Sans fard et sans filtre

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Qu’ils les violent avec un bout de bois clouté a lancé un militant présent ce 1er mai à Opéra, après que le service d’ordre du FN (« Honneur et Fidélité ». Telle est la devise du « Département protection sécurité » (DPS) ait évacué manu militari les trois Femen de leur balcon. Le bois clouté sans doute en référence à un quelconque supplice datant de l’époque de la bergère, pucelle elle par contre…

C’est, à l’évidence, plus facile de sortir sous les coups trois femmes activistes qu’un vieux con de la scène.

Quelques minutes auparavant, plusieurs manifestants écumaient de haine Nique ta mère sale pute. Une jeune femme s’égosillait sale négresse de merde… A bien y regarder elles étaient très blondes et claires de peau sur ce balcon pourtant.

On les comprends, enfin ils pouvaient se soulager. Un bail qu’ils le retiennent leur caca les pauvres. Les invariants semble l’emporter largement sur les changements au FN. Pas si facile de changer un parti. Même si les chaines d’infos en continue retransmettent EN DIRECT son allocution du 1er mai, l’entreprise politique de Marine Le Pen a encore du boulot dans la construction d’une façade partisane totalement normalisée. Et in fine ce processus de « dédiabolisation » n’est-il pas à l’oeuvre dès lors que Jean-Marie Le Pen est appelé à la présidence de ce parti lors de sa fondation ? Parce qu’il représente à cette époque une figure beaucoup plus respectable et consensuelle de l’extrême droite que les leaders d’Ordre nouveau.

Alors donc, le 1er mai il faut être clean devant le peuple de France qui les regarde. Eh là ce fut la chienlit.

Bruno Gollnisch frappait des journalistes avec un parapluie, épaulé par plusieurs militants frontistes qui distribuaient les coups et éructaient sales journalistes de merde ! Pédés de rouges. Pédés de rouges c’est pratique, ça permet de pas être en reste avec le temps bénit de la Manif pour tous où on avait pu dégobiller mélangé avec toutes les grandes familles de droite, sur les pédés et les gouines à l’envie, eh pis les « rouges » eh ben c’est les « rouges » quoi. Déjà ils sont pas mécontents d’avoir supplanter ces salopards chaque 1er mai…

Pendant ce temps là, Marine Le Pen saluait ces Français qui gardent calme et courtoisie… Sur scène elle était sans doute trop loin pour entendre la courtoisie de ses supporters.

Et nous on oubliait pas que 20 ans plus tôt, un homme de 30 ans a eu le « tort » de marcher en « marge » du défilé du Front National, poussé à la Seine, il y laissait sa vie.