Je paie un homme

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Les femmes de ménage sont associées à un imaginaire collectif lié aux soubrettes de Molière, aux filles mères des contes de Maupassant, au verbiage cru des bonnes du théâtre de boulevard, aux difficultés des classes populaires des romans de Zola… Jusqu’à présent avoir une femme de ménage était, pour moi, un signe extérieur de richesse.

Confier mes moutons, mes sanitaires, mes traces de doigts à une personne « étrangère » à mon foyer relevait de la haute trahison à ma propre famille. Dans mon imaginaire de provinciale issue de classe moyenne (plutôt entre la fourchette haute et basse de la classe moyenne… moyenne quoi), faire faire « son ménage », c’était soit être une « bonne-à-rien » (Lol), soit une grande bourgeoise, soit exploiter le prolétariat…

Le souci c’est que dans le monde d’aujourd’hui, où le temps est compté, ou l’hygiène et la propreté sont érigées en vertus cardinales… la femme de ménage devient l’auxiliaire d’une  » qualité de vie  » à laquelle chacun aspire. Et j’y aspirais aussi !

J’ai donc pris une décision d’importance en décidant d’assumer ma triple casquette de salariée, de mère de famille et d’élue… J’ai donc beaucoup consulté autour de moi pour connaître les us et coutumes de celles et ceux qui font appel à des femmes de ménage pour trouver un certain équilibre dans une vie bousculée par des agendas qui ne manquent pas de rythme. Mieux, j’ai compulsé quelques ouvrages sur les techniques modernes du ménage contemporain de ces nouvelles professionnelles de la qualité de vie.

Et me voilà aujourd’hui comblée ! J’ai l’homme qu’il me fallait… Il intervient le mercredi chaque semaine, il est mensualisé… Chaque mercredi soir lorsque je rentre, il m’arrive d’avoir une pensée amusée pour les nouvelles gardiennes du féminisme moralisateur… Je paie un homme pour qu’il fasse mon petit ménage 😉

Des « vrais » parisiens

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10ème déménagement en 18 ans dans le 19ème arrondissement. C’était pourtant juré, craché, j’avais décroché. J’étais bien, au chaud, à deux pieds du Parc des Buttes-Chaumont. Parfaitement intégrée à ce que certains dénigrent comme la caste des « bobos ». Mais voilà, la perpective d’un congé pour vente et l’absence d’envie d’attendre d’avoir laissé expiré tous les délais légaux avec mes trois gosses, et l’incertitude constante dans les années qui se suivent mais ne se ressemblent pas toujours, j’ai repiqué au truc.

J’ai retrouvé le chemin de mes sites de « à louer » préférés. Après 6 mois de recherche quasi active, j’ai trouvé la perle. Un 4 pièces de 85 m2, année de construction 1912, de deux appartements la propriétaire en avait fait un. Charmant et surplombant, au 2ème étage d’un immeuble au fond du SQUARE BOLIVAR !

Entre l’avenue Simon Bolivar et la rue Clavel, c’est un lieu enchanteur même si je dois l’avouer, les mezouza aux portes, le bruit et les odeurs nous manque souvent. Mais j’ai re-découvert le plaisir de descendre à toutes heures la rue de Belleville et de pousser jusqu’à faubourg du temple.

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La remarque m’a tout d’abord interloquée « Maman on est des vrais parisiens maintenant »…puis elle m’est apparu comme incroyablement juste. Pour être des « vrais parisiens » pour l’imaginaire de notre cellule familiale, il fallait vivre dans un appartement, dans un bout de quartier comme celui-là… restait plus qu’à m’acheter un vélo 😉 !